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Humanimaux

Animalités, instincts...

25 octobre 2008

L'amour à bout des balles...

Yanick






Pose ton flingue chérie, tu ne vois pas que je suis déjà mort, il traîne une odeur

dans la pièce, je suis devenu irrespirable et ce n’est pas quelques trous

supplémentaires qui me rendront plus acceptable. Je crois bien que ce soit foutu,

je me fais l’impression de ce poisson mort, échoué sur la berge, c’est l’image qui

me revient le plus souvent, plus la force de rejoindre l’élément liquide, plus la force

d’aller y frayer, je n’ai même plus peur, enfin presque plus.



Haidar







Je n’ai pas connu l’expérience du no kill, de types venus entre amis tremper

du nylon dans des eaux sombres, y passer la nuit, peut être la semaine, boire

des bières et savourer les matins brumeux des ballastières. Je suis toujours de

l’autre coté de la barrière, du coté froid ou brûlant, bref, du coté qu’il ne faut pas,

ces hommes marchant de concert le long des étangs, caressant le carbone ou la

fibre de verre me paraissent étrangers même si je les connais tous par cœur, la

même passion les anime et ma mort ne les touche pas, ils ne me savent pas et

pour le coup cela m’arrange bien.


Pose le ton flingue, là, sur la table en formica, mon âme est trouée, le vent y passe,

à moins que ce ne soit mon âme qui ne soit que du vent, bref, mon amour, tu perds

ton temps, c’est pathétique de te voir désarmée un revolver à la main, la peur je la

lis dans tes yeux alors que c’est moi que tu braques, ma seule force est là, tu vois,

je m’assois, n’ai pas peur…



Erik



Crédits photos : Lasse / Haidar / Erik

Texte : Modimo

Posté par modimo à 17:36 - Commentaires [3] - Permalien [#]

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