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Humanimaux

Animalités, instincts...

22 avril 2006

L'élephant ment ...

 

 


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L'éléphant ment, cet animal doué pour se souvenir, enfin c'est ce qui se dit.

Inconsciemment, la lune ment, ça me rappelle " se souvenir des belles choses",

ce film avec Isabelle Carré, ou elle devient Alzheimer et son amoureux lui raconte

cette histoire de lune menteuse. Je me souviens pourtant, chaque odeur, chaque

parfum, c'est curieux comme ce sens parle à mes neurones. En deux secondes,

je me retrouve avec sa saveur en bouche,  ce goût si particulier, quand je l'avais

sous la langue, qu'elle ruisselait dans ma gorge. Chacun de nous à une odeur

singulière, chaque peau, en plus de ce qu'on  peut y mettre,  pour

masquer ou laisser une trace supplémentaire. Ainsi entrer dans une piéce et la

sentir, les sens tout de suite en éveil, prêt à s'assouvir.




claus_15



Elle venait à moi, se coller à mon visage pour sentir ma chaleur, sentir ma bouche,

ma langue se souvient de ce fruit juteux, qu'elle offrait à mon regard, plus que

tout,elle ne partirait que repue et moi, la bouche humide. Laissant traîner dans

son sillage, ce rappel à la saison des amours, piqûre inutile, puisque je reviendrai à

cette vallée, à l' avaler entiére.



dmitry




L'homme avance, son sexe en avant, un peu ridicule, pachyderme à deux pattes,

une trompe un peu ridicule, une virgule, tout au plus, dans cette vie faite de

ponctuations,  faire l'amour en suspension, la belle affaire, ça laisse des traces

dans des lits défaits, aux coins des lévres qu'on essuie d'un revers, en fermant les

yeux.



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L'éléphant ment, comment c'était déjà, ce frisson qui me parcourait l'échine,

le sexe dréssé devant l'appel, mes lèvres sont séches et mon coeur froid, l'éléphant

m'a piétiné en passant, il ne m'a pas senti, les morts vivants ne sentent plus rien.





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Crédits Photos : Alex / Claus / Dmitry / Steve / B. Aldebaran

Texte : Modimo



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15 avril 2006

Les nymphes aux hommes...

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Je vais t'apprendre à baiser, me disait-elle, la bouche en coeur, comment

ne pas la croire cette fille. Une eurasienne si belle que j'avais craqué en deux

secondes, je n'étais pas libre mais elle n'en voulait qu'à mon cul et moi au sien.

Pour moi, c'était tout nouveau, enfin je m'essayais. Je pensais à ce type avec

moi à l'armée, chaque lundi, il me racontait qu'il avait baisé une fille différente

à l'arrière de sa bagnole, qu'ils étaient bourrés, qu'il l'avait enculé, là derrière

la discothèque. Comment lui dire que dans la même nuit, je lisais Tennessee

Williams, les deux mains sur le livre et que j'avais aimé relire certains passages.

Lui dire que j'étais sorti en boite avec Éric, la folle tordue du régiment, qu'on

s'était fait siffler sur le parking, il se dandinait en faisait des tonnes, je l'adorais ce

type. Il avait du se faire sucer par cette fille qui ressemblait à Prince, elle l'avait

allumé une partie de la nuit, il n'avait pas résisté. Il ne résistait d'ailleurs jamais à

ce genre d'appel et les nuits parisiennes l'avaient happé, il en était mort. Oui, quoi

lui dire à ce type, que j'avais croisé ma petite fiancée et son amant, que j'étais

rentré seul. Alors je ne disais rien, il me débitait avec détail, la bave aux lèvres

comment il s'y était pris, je le rencontre encore aujourd'hui, il est chef d'une petite

agence bancaire. Il a toujours le même sourire, je me demande s'il couche avec une

ou plusieurs de ses employées, s'il se souvient de ces filles, de ces histoires, et elles

dans tout ça.


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Elle veut ma bouche et je sens sa langue qui cherche la mienne, elle

m'embrasse longuement, se penche vers moi et me dis que j'embrasse bien, tout

en me glissant sa langue dans l'oreille. Elle s'approche et dans l'instant elle vérifie

si elle me fait l'effet escompté. Je sens sa main qui se faufile, elle se mouille les

doigts pour mieux me caresser, elle est contente d'elle. On quitte le bar, elle

m'invite chez elle, plutôt chez ses parents, ils ne sont pas là, partis pour plusieurs

jours, elle est seule avec son frére. On grimpe dans sa chambre, un matelas sur le

sol et quelques affaires, elle a quitté son dernier copain en date, le père de son fils,

enfin je crois. Elle me raconte ses amants, sa copine avec qui elle traîne et les mecs

qu'elles allument puis consomment sans modération. Peut être me dit-elle ça pour

m'exciter, ou pour que je sache pourquoi je suis là. Elle détache ma ceinture,

et baisse mon pantalon, elle veut sentir mon sexe dans sa bouche, elle glousse

comme une poule qui a trouvé un couteau mais qui sait s'en servir.

On se caresse longtemps, elle me dit qu'elle aime tout, qu'elle préfère même la

sodomie au reste en m'offrant son cul. On se fait jouir mutuellement, j'allais dire

jour, mais c'est un peu ça . Dessus et dessous, elle sait y faire, elle me dit qu'elle

ferait bander un mort, ça tombe bien, j'en suis un, mais elle ne le sait pas. Chacun

de nos rendez-vous nous ouvre l'un à l'autre, elle se ballade à demi-nue en

m'attendant et on se touche tout le temps, elle ne veut plus lâcher mon sexe.




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Je l'embrasse, les jours passent et elle me présente son fils, un petit garçon de

six ans, il joue avec moi, on chahute, elle m'observe avec lui. Un appel, j'apprends

que ma mère va mourir, rien ne la sauvera même pas moi, et il faut que je

l'annonce à mon père, il n'y comprendra rien mais quelle importance, l'amnésie

c'est son truc. Il a bien fallu rompre avec cette fille, choisir de m'occuper des

miens, et puis baiser, je ne saurais sans doute jamais, mais elle m'a parlé d'amour

cette dernière fois au téléphone et de son fils à qui je manquerai...



seb

Crédits photos : Bhoward / François / Arnaud / Seb
Texte : Modimo

Posté par modimo à 18:20 - Commentaires [4] - Permalien [#]

01 avril 2006

Poisson mort ...

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Ces petits matins où la brume vient à caresser l'eau et que l'on se

lève, enfant, en espérant attraper ce poisson géant qui fera

l'envie de tous. J'en ai rêvé des poissons, mais il m'accompagnait

dans le jour naissant, des bottes vertes aux pieds et les épaules

larges portant la boite en bois qui lui servirait de siége. Des

lendemains de coups portés, pas seulement à moi, à mon destin,

à ma future parole de vaurien. Il se faisait fort de faire de moi un

homme, vaste projet pour quelqu'un qui tient son  courage au

bout de ses mains et de la bile dans la bouche. Nous allions au

bord de ces étangs perdus dans la nature, aux odeurs de vase

et de bois brûlé. La bourriche se remplissait de poissons argentés,

des gardons et des brèmes aussi, le poisson foutre, cette espèce

semble engluée dans du sperme, ça en met partout, plein

l'épuisette et les mains. A l'époque, je ne savais même pas que

ça m'évoquerait ça plus tard.




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Quand on est enfant, on ne s'attache pas à ces détails, lui

m'attachait tout court et je savais ce que ça voulait dire.

Des après-midi durant dans cette salle de sport, je crevais

de trouille, j'apprenais la vie et déjà je n'en voulais plus.

J'abimais mes yeux fixés sur le bouchon qui ne voulait pas

couler et cette sortie de secours, cette porte par

laquelle il reviendrait me chercher. A la cheville, j'aurai bien

une marque et alors et puis j'aurai pleuré aussi, comme ce

matin au bord de cette eau sale, en attendant un poisson

qui ne venait pas. Il ne me racontait pas d'histoires ou alors

les siennes, celles d'un homme aux poings dressés, pas

grave, je m'en inventais déjà, des pages entières où je

partais avec mon chien, le long des routes. J'oubliai que le

maître du chien, c'était lui et que je n'obeissai pas, enfin pas

comme il fallait.




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Il en prenait de toutes les tailles et ils restaient un

temps, échoués sur la berge, sortis de leur élément,

leurs gueules saignaient un peu, meurtries par

l'hameçon, ils se débattaient inconscients de leur fin

si proche. Pas question de les remettre à l'eau, cette

pratique n'était pas encore à la mode. Moi, j'aimais

bien les gougeons, ces poissons aux yeux exorbités,

comme avec l'impression d'avoir été pris en faute et

il m'arrivait de les laisser filer, priez pour nous pauvres

pécheurs... On revenait vers midi, mes lignes mêlées,

sous son regard sombre, je n'étais doué pour rien, pas

même pour le silence, il en parlerait à ma mère, de ce

fils étrange. C'étaient des matins de printemps, pris

dans la brume et la rosée, il traînait derrière lui ce fétu

d'homme, il ne savait pas que j'étais un poisson mort...





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Crédits photos : NC
    Texte : Modimo

Posté par Humanimo à 19:44 - Commentaires [6] - Permalien [#]

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