15 avril 2006
Les nymphes aux hommes...

Je vais t'apprendre à baiser, me disait-elle, la bouche en coeur, comment
ne pas la croire cette fille. Une eurasienne si belle que j'avais craqué en deux
secondes, je n'étais pas libre mais elle n'en voulait qu'à mon cul et moi au sien.
Pour moi, c'était tout nouveau, enfin je m'essayais. Je pensais à ce type avec
moi à l'armée, chaque lundi, il me racontait qu'il avait baisé une fille différente
à l'arrière de sa bagnole, qu'ils étaient bourrés, qu'il l'avait enculé, là derrière
la discothèque. Comment lui dire que dans la même nuit, je lisais Tennessee
Williams, les deux mains sur le livre et que j'avais aimé relire certains passages.
Lui dire que j'étais sorti en boite avec Éric, la folle tordue du régiment, qu'on
s'était fait siffler sur le parking, il se dandinait en faisait des tonnes, je l'adorais ce
type. Il avait du se faire sucer par cette fille qui ressemblait à Prince, elle l'avait
allumé une partie de la nuit, il n'avait pas résisté. Il ne résistait d'ailleurs jamais à
ce genre d'appel et les nuits parisiennes l'avaient happé, il en était mort. Oui, quoi
lui dire à ce type, que j'avais croisé ma petite fiancée et son amant, que j'étais
rentré seul. Alors je ne disais rien, il me débitait avec détail, la bave aux lèvres
comment il s'y était pris, je le rencontre encore aujourd'hui, il est chef d'une petite
agence bancaire. Il a toujours le même sourire, je me demande s'il couche avec une
ou plusieurs de ses employées, s'il se souvient de ces filles, de ces histoires, et elles
dans tout ça.

Elle veut ma bouche et je sens sa langue qui cherche la mienne, elle
m'embrasse longuement, se penche vers moi et me dis que j'embrasse bien, tout
en me glissant sa langue dans l'oreille. Elle s'approche et dans l'instant elle vérifie
si elle me fait l'effet escompté. Je sens sa main qui se faufile, elle se mouille les
doigts pour mieux me caresser, elle est contente d'elle. On quitte le bar, elle
m'invite chez elle, plutôt chez ses parents, ils ne sont pas là, partis pour plusieurs
jours, elle est seule avec son frére. On grimpe dans sa chambre, un matelas sur le
sol et quelques affaires, elle a quitté son dernier copain en date, le père de son fils,
enfin je crois. Elle me raconte ses amants, sa copine avec qui elle traîne et les mecs
qu'elles allument puis consomment sans modération. Peut être me dit-elle ça pour
m'exciter, ou pour que je sache pourquoi je suis là. Elle détache ma ceinture,
et baisse mon pantalon, elle veut sentir mon sexe dans sa bouche, elle glousse
comme une poule qui a trouvé un couteau mais qui sait s'en servir.
On se caresse longtemps, elle me dit qu'elle aime tout, qu'elle préfère même la
sodomie au reste en m'offrant son cul. On se fait jouir mutuellement, j'allais dire
jour, mais c'est un peu ça . Dessus et dessous, elle sait y faire, elle me dit qu'elle
ferait bander un mort, ça tombe bien, j'en suis un, mais elle ne le sait pas. Chacun
de nos rendez-vous nous ouvre l'un à l'autre, elle se ballade à demi-nue en
m'attendant et on se touche tout le temps, elle ne veut plus lâcher mon sexe.

Je l'embrasse, les jours passent et elle me présente son fils, un petit garçon de
six ans, il joue avec moi, on chahute, elle m'observe avec lui. Un appel, j'apprends
que ma mère va mourir, rien ne la sauvera même pas moi, et il faut que je
l'annonce à mon père, il n'y comprendra rien mais quelle importance, l'amnésie
c'est son truc. Il a bien fallu rompre avec cette fille, choisir de m'occuper des
miens, et puis baiser, je ne saurais sans doute jamais, mais elle m'a parlé d'amour
cette dernière fois au téléphone et de son fils à qui je manquerai...

Crédits photos : Bhoward / François / Arnaud / Seb
Texte : Modimo
Commentaires
"... choisir de m'occuper des miens..." Cette phrase te ressemble bien. bises l'ami...
Où l'humain à reprit sur l'animal......
Mais j'ai l'esprit qui s'évade tant en ce moment dans des contrées bizarres......
Etre déjà mort...je connais ça...mais la vraie mort a un grand avantage,elle efface les maux...
Luciole : oui, j'ai souvent fait ce choix...bises l'amie...
Christine : des contrées que je devine...
L'absente : de celui qui part, mais les autres...


