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Humanimaux

Animalités, instincts...

25 mars 2006

Pelisse...

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Ils ne me parlent pas, ils ne me parlent plus depuis

longtemps. La cage s'est installée sans crier gare,

les barreaux, un à un. Le joli forçat disait Nougaro,

moi, je n'ai rien vu venir, même pas l'abattement

qui est le mien. J'ai aimé à bride abattue, moi, le

battant du dimanche, j'ai fait tant de courses inutiles,

de vilains chagrins, si faciles à concevoir pour peu

qu'on veuille sans donner la peine. Oui, je me suis

donné la peine, la sentence même, pas besoin de

leurs regards pour savoir. Cette passion du christ

de Gibson et cette chair montée en chaire, cette piété

de petit bois dont on fait le feu, la flammedans leurs

yeux, je saigne encore un peu. Je me suis offert à des

bras avides où je voulais me loger, comme une balle

dans une tête innocente. Le barillet tournait à vide,

roulette russe pour amant pressé.




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Sauf que d'innocence, je n'en avais plus, perdue sous les

mains d'un chasseur où l'on devinait tatoué la haine plus

que l'amour. La douleur me faisait me sentir vivant, encore

un peu, quand on sait qu'on ne sera pas touché par la grâce,

le mal vient comme un réconfort. Dans les yeux de cette

petite fille, je pensais trouver un abri, mais le temps fait son

oeuvre et on démonte déjà le chapiteau. La route semble

longue et le décor identique, les platanes qui bordent cette

route esquivent les voitures, enfin quand ils le peuvent. En

rang, comme un peloton d'exécution, la tôle vient à leur

rencontre, fusion improbable et pourtant. La caravane hurle

au passage, quelques hommes s'arrêtent pour pisser face au

vent, la vanité contre les éléments, histoire de souiller un peu

plus leur pantalon et mettre leur sexe à l'air. Cette idée de se

soulager dans l'herbe et si possible, plus loin que son voisin.

Les mâles sont risibles et prévisibles, avec cette idée fixe de la

mesure et démesure pour se donner l'impression d'exister, pâle

revanche sur de tristes destins.






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Il pleut, de cette pluie de mars qui se veut la promesse

d'un printemps, mais je sais bien que cette terre humide

me ramène à elle, chaque année, au corps froid, le sien,

à cette peau, la sienne, au contact de mes lèvres, à ma

main posée sur sa joue, une dernière fois. Je tangue pour

tout dire mais pas sous le poids d'une croix, plutôt d'une

pelisse, la mienne, qu'ils s'apprêtent à vendre...





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Crédits photos : John Anayv/ NC / Adam Weso / André
Texte : Modimo

Posté par modimo à 19:45 - Commentaires [9] - Permalien [#]

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