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Humanimaux

Animalités, instincts...

25 octobre 2008

L'amour à bout des balles...

Yanick






Pose ton flingue chérie, tu ne vois pas que je suis déjà mort, il traîne une odeur

dans la pièce, je suis devenu irrespirable et ce n’est pas quelques trous

supplémentaires qui me rendront plus acceptable. Je crois bien que ce soit foutu,

je me fais l’impression de ce poisson mort, échoué sur la berge, c’est l’image qui

me revient le plus souvent, plus la force de rejoindre l’élément liquide, plus la force

d’aller y frayer, je n’ai même plus peur, enfin presque plus.



Haidar







Je n’ai pas connu l’expérience du no kill, de types venus entre amis tremper

du nylon dans des eaux sombres, y passer la nuit, peut être la semaine, boire

des bières et savourer les matins brumeux des ballastières. Je suis toujours de

l’autre coté de la barrière, du coté froid ou brûlant, bref, du coté qu’il ne faut pas,

ces hommes marchant de concert le long des étangs, caressant le carbone ou la

fibre de verre me paraissent étrangers même si je les connais tous par cœur, la

même passion les anime et ma mort ne les touche pas, ils ne me savent pas et

pour le coup cela m’arrange bien.


Pose le ton flingue, là, sur la table en formica, mon âme est trouée, le vent y passe,

à moins que ce ne soit mon âme qui ne soit que du vent, bref, mon amour, tu perds

ton temps, c’est pathétique de te voir désarmée un revolver à la main, la peur je la

lis dans tes yeux alors que c’est moi que tu braques, ma seule force est là, tu vois,

je m’assois, n’ai pas peur…



Erik



Crédits photos : Lasse / Haidar / Erik

Texte : Modimo

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21 mai 2006

Vanité Case...

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Je les croise au volant de leurs automobiles, le sourire facile, dents blanches,


ils ont la morgue, je ne suis que piéton. J'avance encore,  pourquoi rogner leurs


ailes de pacotille, ils ne comprendraient pas. Je viens du peuple des vains, une


lointaine espèce qui n'a plus court, mon arriére grand-père était journalier,


il se louait pour le gîte et le couvert dans des fermes, il a du épouser une bonne


que le maître avait engrossé, il a courbé l'échine, ne savais pas lire. Les hommes


ne gagnent pas à être connus, enfin pas ceux là. Ils veulent ce pouvoir pour


se donner l'illusion de bander encore, rajuste encore ton col petit homme, ça


devient un tic, tu seras président. Tu seras président mon fils, disait l'homme.



 

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Ma mère me voyait tellement grand et si beau, l'assurance fût de courte durée,


les filles m'ont remis les idées en place...Alors j'écrivais, j'allais mourir jeune et


maudit, comme dans les légendes, là encore il faut plus qu'une idée de la mort,


une suite et ses chambres vides d'amour... Aux premieres rumeurs de concert,


celles qui m'ignoraient la veille, me trouvaient génial, j'ai compris vite à


m'échapper par des portes dérobées, mon coeur battait mais pour celle qui


ne venait pas et ne lisait pas mes lettres...

 

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J'ai cru me passer des femmes aussi, c'est vrai aprés tout, on est pas obligé


d'aimer, enfin on devrait, mais comment faire ? Ne coucher qu'avec des


prostituées ça simplifie tout, une relation commerciale, un point c'est tout, mais


quand on ne rêve que de leur laisser l'argent et puis une rose et repartir sans


consommer.



develon

 


Ils savent y faire, moi pas... Une femme qui me dirigeait m'a dit un jour,


"vous ne savez pas vous vendre...", j'ai du avoir l'air bien candide en la


regardant, il est probable que je ne saurai jamais...Une autre plus tard m'a dit


" je sais que vous ne recherchez pas le pouvoir...", une once de pitié dans ses


yeux, "mais ce poste est pour vous...", sous-entendu, il faudra couper quelques


têtes, j'ai souri bêtement... Un autre l'aurait embrassé, peut être baisé sur cette


table de réunion, je suis sorti mon dossier sous le bras et mon sexe à sa place, il


n'avait pas bronché. J'ai croisé la secrétaire qui semblait contente pour moi, elle


m'a fait un clin d'oeil, moi j'ai pensé au rosier Ronsard que j'avais arraché la


veille, la mort dans l'âme, ce soir je finirai tard...



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Crédits photos : NC/Andréas/Leon Cezary/Develon/Andréas

Texte : Modimo

Posté par modimo à 17:44 - Commentaires [18] - Permalien [#]

22 avril 2006

L'élephant ment ...

 

 


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L'éléphant ment, cet animal doué pour se souvenir, enfin c'est ce qui se dit.

Inconsciemment, la lune ment, ça me rappelle " se souvenir des belles choses",

ce film avec Isabelle Carré, ou elle devient Alzheimer et son amoureux lui raconte

cette histoire de lune menteuse. Je me souviens pourtant, chaque odeur, chaque

parfum, c'est curieux comme ce sens parle à mes neurones. En deux secondes,

je me retrouve avec sa saveur en bouche,  ce goût si particulier, quand je l'avais

sous la langue, qu'elle ruisselait dans ma gorge. Chacun de nous à une odeur

singulière, chaque peau, en plus de ce qu'on  peut y mettre,  pour

masquer ou laisser une trace supplémentaire. Ainsi entrer dans une piéce et la

sentir, les sens tout de suite en éveil, prêt à s'assouvir.




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Elle venait à moi, se coller à mon visage pour sentir ma chaleur, sentir ma bouche,

ma langue se souvient de ce fruit juteux, qu'elle offrait à mon regard, plus que

tout,elle ne partirait que repue et moi, la bouche humide. Laissant traîner dans

son sillage, ce rappel à la saison des amours, piqûre inutile, puisque je reviendrai à

cette vallée, à l' avaler entiére.



dmitry




L'homme avance, son sexe en avant, un peu ridicule, pachyderme à deux pattes,

une trompe un peu ridicule, une virgule, tout au plus, dans cette vie faite de

ponctuations,  faire l'amour en suspension, la belle affaire, ça laisse des traces

dans des lits défaits, aux coins des lévres qu'on essuie d'un revers, en fermant les

yeux.



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L'éléphant ment, comment c'était déjà, ce frisson qui me parcourait l'échine,

le sexe dréssé devant l'appel, mes lèvres sont séches et mon coeur froid, l'éléphant

m'a piétiné en passant, il ne m'a pas senti, les morts vivants ne sentent plus rien.





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Crédits Photos : Alex / Claus / Dmitry / Steve / B. Aldebaran

Texte : Modimo



Posté par modimo à 18:53 - Commentaires [6] - Permalien [#]

15 avril 2006

Les nymphes aux hommes...

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Je vais t'apprendre à baiser, me disait-elle, la bouche en coeur, comment

ne pas la croire cette fille. Une eurasienne si belle que j'avais craqué en deux

secondes, je n'étais pas libre mais elle n'en voulait qu'à mon cul et moi au sien.

Pour moi, c'était tout nouveau, enfin je m'essayais. Je pensais à ce type avec

moi à l'armée, chaque lundi, il me racontait qu'il avait baisé une fille différente

à l'arrière de sa bagnole, qu'ils étaient bourrés, qu'il l'avait enculé, là derrière

la discothèque. Comment lui dire que dans la même nuit, je lisais Tennessee

Williams, les deux mains sur le livre et que j'avais aimé relire certains passages.

Lui dire que j'étais sorti en boite avec Éric, la folle tordue du régiment, qu'on

s'était fait siffler sur le parking, il se dandinait en faisait des tonnes, je l'adorais ce

type. Il avait du se faire sucer par cette fille qui ressemblait à Prince, elle l'avait

allumé une partie de la nuit, il n'avait pas résisté. Il ne résistait d'ailleurs jamais à

ce genre d'appel et les nuits parisiennes l'avaient happé, il en était mort. Oui, quoi

lui dire à ce type, que j'avais croisé ma petite fiancée et son amant, que j'étais

rentré seul. Alors je ne disais rien, il me débitait avec détail, la bave aux lèvres

comment il s'y était pris, je le rencontre encore aujourd'hui, il est chef d'une petite

agence bancaire. Il a toujours le même sourire, je me demande s'il couche avec une

ou plusieurs de ses employées, s'il se souvient de ces filles, de ces histoires, et elles

dans tout ça.


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Elle veut ma bouche et je sens sa langue qui cherche la mienne, elle

m'embrasse longuement, se penche vers moi et me dis que j'embrasse bien, tout

en me glissant sa langue dans l'oreille. Elle s'approche et dans l'instant elle vérifie

si elle me fait l'effet escompté. Je sens sa main qui se faufile, elle se mouille les

doigts pour mieux me caresser, elle est contente d'elle. On quitte le bar, elle

m'invite chez elle, plutôt chez ses parents, ils ne sont pas là, partis pour plusieurs

jours, elle est seule avec son frére. On grimpe dans sa chambre, un matelas sur le

sol et quelques affaires, elle a quitté son dernier copain en date, le père de son fils,

enfin je crois. Elle me raconte ses amants, sa copine avec qui elle traîne et les mecs

qu'elles allument puis consomment sans modération. Peut être me dit-elle ça pour

m'exciter, ou pour que je sache pourquoi je suis là. Elle détache ma ceinture,

et baisse mon pantalon, elle veut sentir mon sexe dans sa bouche, elle glousse

comme une poule qui a trouvé un couteau mais qui sait s'en servir.

On se caresse longtemps, elle me dit qu'elle aime tout, qu'elle préfère même la

sodomie au reste en m'offrant son cul. On se fait jouir mutuellement, j'allais dire

jour, mais c'est un peu ça . Dessus et dessous, elle sait y faire, elle me dit qu'elle

ferait bander un mort, ça tombe bien, j'en suis un, mais elle ne le sait pas. Chacun

de nos rendez-vous nous ouvre l'un à l'autre, elle se ballade à demi-nue en

m'attendant et on se touche tout le temps, elle ne veut plus lâcher mon sexe.




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Je l'embrasse, les jours passent et elle me présente son fils, un petit garçon de

six ans, il joue avec moi, on chahute, elle m'observe avec lui. Un appel, j'apprends

que ma mère va mourir, rien ne la sauvera même pas moi, et il faut que je

l'annonce à mon père, il n'y comprendra rien mais quelle importance, l'amnésie

c'est son truc. Il a bien fallu rompre avec cette fille, choisir de m'occuper des

miens, et puis baiser, je ne saurais sans doute jamais, mais elle m'a parlé d'amour

cette dernière fois au téléphone et de son fils à qui je manquerai...



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Crédits photos : Bhoward / François / Arnaud / Seb
Texte : Modimo

Posté par modimo à 18:20 - Commentaires [4] - Permalien [#]

01 avril 2006

Poisson mort ...

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Ces petits matins où la brume vient à caresser l'eau et que l'on se

lève, enfant, en espérant attraper ce poisson géant qui fera

l'envie de tous. J'en ai rêvé des poissons, mais il m'accompagnait

dans le jour naissant, des bottes vertes aux pieds et les épaules

larges portant la boite en bois qui lui servirait de siége. Des

lendemains de coups portés, pas seulement à moi, à mon destin,

à ma future parole de vaurien. Il se faisait fort de faire de moi un

homme, vaste projet pour quelqu'un qui tient son  courage au

bout de ses mains et de la bile dans la bouche. Nous allions au

bord de ces étangs perdus dans la nature, aux odeurs de vase

et de bois brûlé. La bourriche se remplissait de poissons argentés,

des gardons et des brèmes aussi, le poisson foutre, cette espèce

semble engluée dans du sperme, ça en met partout, plein

l'épuisette et les mains. A l'époque, je ne savais même pas que

ça m'évoquerait ça plus tard.




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Quand on est enfant, on ne s'attache pas à ces détails, lui

m'attachait tout court et je savais ce que ça voulait dire.

Des après-midi durant dans cette salle de sport, je crevais

de trouille, j'apprenais la vie et déjà je n'en voulais plus.

J'abimais mes yeux fixés sur le bouchon qui ne voulait pas

couler et cette sortie de secours, cette porte par

laquelle il reviendrait me chercher. A la cheville, j'aurai bien

une marque et alors et puis j'aurai pleuré aussi, comme ce

matin au bord de cette eau sale, en attendant un poisson

qui ne venait pas. Il ne me racontait pas d'histoires ou alors

les siennes, celles d'un homme aux poings dressés, pas

grave, je m'en inventais déjà, des pages entières où je

partais avec mon chien, le long des routes. J'oubliai que le

maître du chien, c'était lui et que je n'obeissai pas, enfin pas

comme il fallait.




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Il en prenait de toutes les tailles et ils restaient un

temps, échoués sur la berge, sortis de leur élément,

leurs gueules saignaient un peu, meurtries par

l'hameçon, ils se débattaient inconscients de leur fin

si proche. Pas question de les remettre à l'eau, cette

pratique n'était pas encore à la mode. Moi, j'aimais

bien les gougeons, ces poissons aux yeux exorbités,

comme avec l'impression d'avoir été pris en faute et

il m'arrivait de les laisser filer, priez pour nous pauvres

pécheurs... On revenait vers midi, mes lignes mêlées,

sous son regard sombre, je n'étais doué pour rien, pas

même pour le silence, il en parlerait à ma mère, de ce

fils étrange. C'étaient des matins de printemps, pris

dans la brume et la rosée, il traînait derrière lui ce fétu

d'homme, il ne savait pas que j'étais un poisson mort...





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Crédits photos : NC
    Texte : Modimo

Posté par Humanimo à 19:44 - Commentaires [6] - Permalien [#]

25 mars 2006

Pelisse...

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Ils ne me parlent pas, ils ne me parlent plus depuis

longtemps. La cage s'est installée sans crier gare,

les barreaux, un à un. Le joli forçat disait Nougaro,

moi, je n'ai rien vu venir, même pas l'abattement

qui est le mien. J'ai aimé à bride abattue, moi, le

battant du dimanche, j'ai fait tant de courses inutiles,

de vilains chagrins, si faciles à concevoir pour peu

qu'on veuille sans donner la peine. Oui, je me suis

donné la peine, la sentence même, pas besoin de

leurs regards pour savoir. Cette passion du christ

de Gibson et cette chair montée en chaire, cette piété

de petit bois dont on fait le feu, la flammedans leurs

yeux, je saigne encore un peu. Je me suis offert à des

bras avides où je voulais me loger, comme une balle

dans une tête innocente. Le barillet tournait à vide,

roulette russe pour amant pressé.




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Sauf que d'innocence, je n'en avais plus, perdue sous les

mains d'un chasseur où l'on devinait tatoué la haine plus

que l'amour. La douleur me faisait me sentir vivant, encore

un peu, quand on sait qu'on ne sera pas touché par la grâce,

le mal vient comme un réconfort. Dans les yeux de cette

petite fille, je pensais trouver un abri, mais le temps fait son

oeuvre et on démonte déjà le chapiteau. La route semble

longue et le décor identique, les platanes qui bordent cette

route esquivent les voitures, enfin quand ils le peuvent. En

rang, comme un peloton d'exécution, la tôle vient à leur

rencontre, fusion improbable et pourtant. La caravane hurle

au passage, quelques hommes s'arrêtent pour pisser face au

vent, la vanité contre les éléments, histoire de souiller un peu

plus leur pantalon et mettre leur sexe à l'air. Cette idée de se

soulager dans l'herbe et si possible, plus loin que son voisin.

Les mâles sont risibles et prévisibles, avec cette idée fixe de la

mesure et démesure pour se donner l'impression d'exister, pâle

revanche sur de tristes destins.






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Il pleut, de cette pluie de mars qui se veut la promesse

d'un printemps, mais je sais bien que cette terre humide

me ramène à elle, chaque année, au corps froid, le sien,

à cette peau, la sienne, au contact de mes lèvres, à ma

main posée sur sa joue, une dernière fois. Je tangue pour

tout dire mais pas sous le poids d'une croix, plutôt d'une

pelisse, la mienne, qu'ils s'apprêtent à vendre...





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Crédits photos : John Anayv/ NC / Adam Weso / André
Texte : Modimo

Posté par modimo à 19:45 - Commentaires [10] - Permalien [#]

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